lundi 25 février 2008

Relations interentreprises et nouveaux modèles d'affaire

Les technologies d’information et de communication ont bouleversé non seulement les pratiques de communication avec les consommateurs finaux mais aussi l’organisation entière des entreprises. L’apparition de nouveaux modèles d’affaires a imposé une toute nouvelle organisation des filières industrielles en termes de matérialité des flux de produits, de localisation et d’organisation des processus de production-distribution et surtout de ciblage et de gestion de la clientèle. Ces changements ont affecté d’une part l’évolution de la structure interne des firmes mais aussi ont totalement transformé les relations interentreprises dans les filières industrielles et dans la chaîne de valeur.

La notion de « réseau » a retrouvé tout son sens et aujourd’hui l’entreprise est incapable de s’en dissocier. Des notions comme coopération et compétition qui avant étaient difficiles à associées sont aujourd’hui inter reliées à un tel point qui nous est difficile de trouver la ligne qui les sépare. L’ère de l’affrontement direct et agressif semble révolue. Place à la subtilité. La performance de l’entreprise se retrouve plus que jamais conditionnée par sa capacité de gérer les relations avec les différentes parties prenantes. La poursuite à l’intérêt ayant démontré ses limites en termes d’efficacité a été progressivement remplacé par une autre approche, bien plus efficace pour assurer la pérennité des organisations : la poursuite du bénéfice mutuel.

Qu’est ce que c’est le marketing relationnel ou plus exactement qu’est-ce qu’il est devenu aujourd’hui ?

Le marketing relationnel, c'est pour certains “tous les moyens utilisant les techniques du “below the line” et du hors-média pour toucher le client”. Pour d’autres, “le marketing relationnel ne se résume pas au below marketing”, ou même “…on peut d'ailleurs tout à fait imaginer de gérer des campagnes relationnelles passant par le mass média.” Il y a même des auteurs qui considèrent que le marketing relationnel aujourd’hui n’est qu’une nouvelle version « haute technologie » du marketing traditionnel. Or, à force d’être de plus en plus performants et compétitifs, les entreprises ne réussissant pas à se servir correctement des nombreux avancés technologiques, le marketing relationnel perdant ainsi l’efficacité qui est à l’origine de son succès.

Il est intéressant de voir comment cette nouvelle catégorie de marketing à la base focusé autour du client au fur et à mesure a perdu de sa spécialité pour se repositionner sur les bases traditionnelles du marketing produit. La notion de « mass cutomization » s’est révélé la formule gagnante pour chaque entreprise qui veut atteindre ses clients d’une façon personnalisée et différente, tout en étant rentable. Pourtant, au lieu d’essayer de progresser sur la première partie, la plupart des organisations se sont laissé enchanter par le retour sur investissement incroyable du CRM. La notion même de “relationnel” est devenue complètement abstraite, synonyme de flux continu de messages publicitaires (« informatifs ») plus ou moins ciblés. Les nouvelles technologies et Internet ont été à la base de la révolution dans la communication avec les clients. C’est super ! Mais c’est l’étape en aval du marketing relationnel. En amont, toute la méthodologie de connaissance client ainsi que tous les dispositifs de retours clients se retrouvent complètement oubliés. Le cercle vertueux dans lequel la connaissance client optimise l'action de communication et les retours de l'action enrichissent la connaissance n’est plus présent dans la version actuelle du MR.

Dans le monde du demain, une place sûre sur le marché auront seulement les entreprises qui voient aujourd’hui dans le CRM plus qu’une exploitation rentable de nouveaux supports de communication. Oui, Internet a donné au marketing relationnel une dimension nouvelle qui n’a pas fini de transformer notre manière d’interagir avec les consommateurs, mais pour assurer leur pérennité ce changement des méthodes devrait être poussé avant tout par un changement de la philosophie entière de l’entreprise. Plutôt que de dépenser toute son énergie dans la gestion de bases de données et des différents dispositifs du CRM, l’entreprise devrait se concentrer surtout sur la gestion de la connaissance client qui est au centre de l’ensemble des ces mêmes dispositifs.

mardi 5 février 2008

Microsoft: le géant informatique qui essaie (beau) de se battre sur tous les champs ...

Après le lancement de l'OPA hostile sur yahoo!, les autorités du marché (Americain et Européen) pourraient empêcher l'opération, craignant la menace de la libre concurrence. Pourtant d'autre part on se demande si on laisse faire Microsoft (encore cette fois-ci), dans les années à venir celà affaiblirait le géant américain encore plus. Depuis des années Microsoft essaie d'être présent sur tous les champs de bataille, pris dans cet engouement à la diversification. Pourtant désormais il devrait faire face de plus en plus souvent à des consurrents hyper-spécialisés dans leurs domaines. Or, c'est OPA sur Yahoo!, est-ce une opportunité pour Microsoft ou plutôt pour ses consurrents?

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2008/02/05/
un-rachat-de-yahoo-par-microsoft-comporterait-de-nombreux-risques_
1007501_651865.html#ens_id=1006226

lundi 4 février 2008

L'internaute: un véritable producteur de contenus

Comme dans mon billet sur le profil de nouveau e-consommateur, je voudrais bien souligner le fait qu'aujourd'hui l'internaute passé d'un "simple consommateur de contenus" à un véritable producteur d'information. Les outils technologiques étant plus accessible il est plus autonome. Cette liberté lui a permis de prendre l'initiative et de ne plus rester dans le rôle d'un simple réceptur de flux continus d'information de la part des entreprises. Il veut s'exprimer et partager ses expériences vis-à-vis d'une entreprise. Alors je vous propose de voir quel est le cycle de vie d'un billet de blog!
http://www.wired.com/special_multimedia/2008/ff_secretlife_1602

L’évolution du profil de l’internaute : vers une plus grande autonomie

En dehors du profil socio-démographique de l’internaute actuel que les différentes entreprises de sondages et panel s’arrachent à mettre à jour pratiquement tous les six mois, il me semble plus important de voir quelles sont les principales motivations de l’e-consommateur. Comment il a évolué ces derniers années et quelle sont les tendances pour demain ?

L’accès à l’information étant aujourd’hui presque illimité et gratuit, certains voient Internet comme le principal coupable à cet engouement à « la Toile » qui a fait de l’internaute un simple consommateur de contenus. Peut-être c’était le cas encore il y a des années. Pourtant on oublie une des principales dimensions de cet espace « diabolique » : l’interactivité. Les internautes actuels sont non seulement des acteurs actifs du monde virtuel, mais ils sont aussi de véritables producteurs de contenus. Les plateformes virtuelles qui ont fait « un vrai tabac » sont ceux qui constituent un terrain de jeu libre pour les e-consommateus. Les blogs et des sites comme Youtube et SecondLife ont permis de mettre en ligne leur propres créations, ainsi qu’à les faire connaître à tout leur entourage et même de les éditer. Même les entreprises ont délaissé le broadcast traditionnel pour ce nouveau média participatif, apparemment beaucoup plus efficace.

Par ailleurs, les internautes d’aujourd’hui sont moins techniciens qu’hier. Ceux qui voulaient communiquer et partager leurs contenus il y a cinq ans devaient créer leur propre site, avec des outils et des connaissances sur lesquels il fallait passer beaucoup de temps. Aujourd’hui, les outils se sont simplifiés à l’extrême, et la technologie a aussi beaucoup évolué pour rendre la création accessible à tous. Pensez simplement aux appareils photos intégrés dans les mobiles, à la démocratisation des caméscopes numériques, etc.

Si on regarde au-delà de 5 ans, l’internaute sera surtout un individu beaucoup plus autonome, davantage maître de sa consommation, avec un changement radical des « mass médias » et des commerces qui seront contraints de rivaliser sur bien d’autres choses que le prix.

dimanche 27 janvier 2008

Elegy on the death of marketing

Deux auteurs, Holbrook et Hulbert ont écrit "L'élégie sur la mort du marketing". Pour eux le marketing trouve sa nécessité dans l'écart qui existe entre le producteur et le consommateur. Tant que cette séparation existe, le marketing est indispensable pour assurer la pérennité des entreprises. Pourtant selon eux, la révolution "informationnelle" et l'introduction d'Internet dans le "business model" des organisations ont estompé cet écart: les consommateurs étant plus informés et faisant désormais partie intégrante de tout le processus marketing. Oui, Internet a révolutionné l'économie, et est-ce pour autant qu'on peut considérer le marketing comme étant mort? Au contraire, je pense que c'est plutôt une renaissance! A suivre ...


J'ai essayé de mettre le lien, ça marche pas. L'article se trouve sur Emerald, qui est un site payant. J'ai la version pdf enregistrée sur mon ordi, mais j'arrive pas à la pubier dans mon blog. Je l'ai mis aussi dans la rubrique pointeur sur le site du cours, mais là aussi, quand on clique une page avec nom d'utilisateur et mot de passe s'affiche. Si quelqu'un a des idées ...


Internet : avantage ou inconvénient pour nous, les consommateurs, et pour nous, les futurs gestionnaires

Au lieu de dire qu’Internet soit juste un changement de moyens à la création de la valeur (M. Porter), je préfère considérer que c’est une révolution au même titre que la révolution industrielle.


Internet : avantage ou inconvénient pour nous, les consommateurs, et pour nous, les futurs gestionnaires (j’espère !)

Pour les entreprises, je pense que c’est un avantage à condition de pouvoir se l’approprier correctement, de savoir comment s’en servir afin de retirer leur plus grand bénéfice possible. Internet a donnée aux organisations une dimension nouvelle de leurs relations avec les clients. De toute évidence, pas toutes ont compris le message, puisque certaines d’entre elles n'ont pas fini de transformer leur manière d'interagir avec les consommateurs. Les clients, leur profil, leur comportement, leur appartenance à tel ou tel segment se retrouvent oubliés à tel point que l’entreprise ne retient plus que leurs exigences de “relations” plus ou moins personnalisées. La notion même de “relationnel” est devenue complètement abstraite, synonyme de flux continu de messages publicitaires « informatifs » plus ou moins ciblés. Pour une partie importante d’entre elles l’approche relationnelle consiste dans un simple politique d’entretien et de gestion de bases de données. A l’inverse, pour les organisations qui l’ont intégré dans leur « business model » c’est plus qu’un simple avantage par rapport à la concurrence, c’est tout simplement leur « raison d’être » sur le marché (ex : les compagnies aériennes low cost,). Demain, Internet avantagera les entreprises qui réussissent à anticiper pour mieux s’adapter à un environnement où tout devient possible et tout est permis. Est-ce qu’on peut dire qu’un tel environnement dynamique a donnée une toute nouvelle dimension à des notions comme celle de « l’image de marque » ? Oui ! Des noms d’entreprise venu du nulle part ont déjà fait ses preuves pour démontrer aux grands que la réputation, construite pendant des décennies peut être perdue en quelques années ? Est-ce pour autant on peut dire que le prix plus bas est la principale motivation d’achat des internautes ? Certainement pas ! Est-ce le fait d’avoir son île imaginaire sur Second Life fait de nous des robots à la recherche de la simplicité et de la fonctionnalité ? Peut-être pour une partie, mais je pense que plus que jamais nous sommes à la recherche de l’émotion et de l’expérience, qu’on contraint à obtenir par des méthodes traditionnelles.


Et le consommateur ? « On dit » qu’Internet a donné un grand pouvoir aux consommateurs : ils sont plus informés sur la concurrence, sur les produits, sur les prix. La balle est dans leurs mains maintenant et ce sont eux qui décident à quel moment et à qui la lancer. La question est à quel prix ? Une fois ayant été sollicité par le client (simple visite sur leur site ou transaction), c’est à la hauteur des entreprises qui de tirer leur épingle du jeu. Plus les consommateurs se servent des nombreux avantages que proposent Internet et les technologies en multipliant leurs recherches (site, forum, discussions) et leurs achats, plus les entreprises collectent des données sur eux. Les services offerts par les plates-formes de mise en relation sont le plus souvent proposés gratuitement en contrepartie d'une utilisation commerciale de nos données personnelles. Quelle est la possibilité nos données de terminer dans une base d’un grand groupe de marketing interactif aux dents longues qui reprendra cet unique actif ?


Peut être que le consommateur a commencé à prendre conscience de son nouveau pouvoir face à la manipulation des marques, mais une grande partie des entreprises ont compris, elles aussi que plus il s’en sert, plus leurs chances de « l’atteindre » se multiplient.